3.1 La Guerre froide et comme les Allemands diviserent l’Allemagne

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PDF: Reinhard Gehlen et la guerre froide

On impute la responsabilité de la séparation finale des deux Allemagne à la Guerre Froide entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique. Les formes d’apparition de la Guerre Froide sont décrites, mais son origine reste pourtant obscure. L’expression apparaît en différents endroits, d’abord en lien avec des évènements qui se produisirent entre 1945 et 1948, et sert alors de principe explicatif (grille de lecture) pour le conflit désormais s’amplifiant entre les démocraties occidentales et l’Union Soviétique. On n’a pourtant pas déterminé par quelle activité préjudiciable un des deux côtés l’a déclenchée. Le changement de la politique des Américains vis-à-vis de l’Union Soviétique est au plus tôt daté à la mort du président Franklin D. Roosevelt et à la prise de fonction de Harry Truman au début de l’année 1945.

D’après Marion Dönhoff, une journaliste qui avait, au péril de sa vie, mis en relation des personnalités de haut rang en opposition au IIIè Reich, avec des contacts à l’étranger, et qui avait tenu un rôle remarquable dans le travail des élites allemandes d’après-guerre sur l’opinion publique, cette notion existait déjà avant. Dans un article de journal du 26 juillet 1963, elle attribuait à Reinhard Gehlen, l’ancien chef du détachement de l’état-major général de la Wehrmacht à l’est contre l’armée ennemie et plus tard premier chef des services de renseignement fédéraux, « un cerveau aussi précis qu’une calculatrice électronique » qui “[avait vu] venir la guerre froide dès 1944 ».

La supposition “visionnaire” dès 1944 d’une opposition future entre les Alliés occidentaux et l’Union Soviétique ne peut que surprendre. Le journaliste Sebastian Haffner constatait en effet dans le journal londonien Observer du 1er février 1959 que « l’histoire allemande depuis 1945 compte trois périodes”, et que dans la première, “de 1945 à 1948, les alliés occidentaux et la Russie s’efforcèrent de résoudre ensemble la question allemande. ». Mais il y a pourtant une différence de 4 ans entre 1944 et 1948. Même la présidence de Truman ne commença qu’après 1944. Quel rôle joua Reinhard Gehlen?

Au printemps de l’année 1945 la Seconde Guerre mondiale s’achevait enfin. Pendant sa fuite du front de l’est, qui n’était déjà plus très loin, le général Gehlen s’était mis “à la disposition des Américains avec cinquantes caisses de documents secrets”. Même si cela ne marcha pas à la première tentative, il pu finalement parler avec de hauts militaires américains qui le transférèrent ensuite vers les Etats-Unis. Dans un recueil d’ interviews de témoins américains (de l’époque), parus en 1991 sous le titre Die Rattenlinie – chemins d’évasion des Nazis, se trouvent certains indices sur les informations qu’il leur a fait passer. Certes le livre traite en principe de la façon dont lesdignitaires nazis purent fuir l’Europe après la guerre.Il se révèle cependant être une mine d’informations dans laquelleplusieurs pages traitent du Général en question. Dans l’un des interviews, Victor Marchetti, qui est présenté dans Les Rattenlinie comme l’ancien chef du département d’espionage de l’Union Soviétique à la CIA, se souvient d’ “informations sur les armes chimiques et biologiques des Russes” et en déplore “la dangereuse inexactitude”. Il remarque, trop tard, que les collaborateurs du Général Gehlen “s’appuyaient sur des indices incohérents qu’ils mettaient en relation selon leurs propres interprétations”. De cette manière, ils sont arrivés à la conclusion que les Soviétiques avaient de bien plus grosses capacités en ce domaine que ce qui était réellement le cas.”

Marchietti croyait dur comme fer que “ces informations étaient très mauvaises”; ces informations n’étaient peut-etre pas si mauvaises et etaient le resultat d’un reel travail de qualité de la part des allemands . Je pars du principe que ces modifications servaient un but précis, d’autant plus que cela a été reconnu dans une émission télévisée en 2007, sans toutefois que l’ampleur de la manipulation ait été précisée. A vrai dire l’administration de Washington pensait que le dictateur moscovite disposait d’armes de destruction massive. Est-ce aussi pour cette raison que, quelques mois plus tard, les Américains larguèrent deux bombes sur le Japon? Voulaient-ils ainsi empêcher Staline d’avoir l’idée de déployer des armes de destruction massives conte l’Europe de l’ouest? – C’est vrai qu’avec ces communistes on ne sait jamais…

L’importance des informations militaires du général Gehlen devait tenir à leur exclusivité, si les dires de Marchietti s’avèrent excacts, que dans la deuxième moitiée des années 40 les Américains n’avaient encore “rien de notable sur ce qui se trame derrière le rideau de fer”. Les Russes se sont ensuite renfermés et n’ont plus laisser voir à personne, ce qu’ils avaient réellement en stock. C’était autant compréhensible que regrettable. Il serait intéressant de savoir si Washington fit l’effort en 1945 de demander directement à Moscou s’il était possible de vérifier sur place les informations transmises par les principaux agents de Gehlen; et le cas échéant si cela fut refusé par Moscou. Selon Murat Williams, ambassadeur américain en Hongrie dans les années 50, Gehlen aurait dans tous les cas eu l’occasion d’influencer l’image que les Américains avaient des possibilités militaires de l’Union Soviétique. Dans l’entretien il dit en outre : “notre sentiment vis-à-vis de la guerre froide fut intensifié. On aurait du éviter cela. Cette guerre froide n’aurait pas été necessaire.”

Cette guerre froide était totalement superflue, elle contredisait autant les intérets économiques des Etats-Unis que leur souhait de tendre vers des sociétés structurées démocratiquement sur toute la surface de la planete (et pas seulement en Bavière!). Harry Rositzke, qui est présenté comme l’initiateur de l’espinoage militaire sur l’Union Soviétique, dit hélas seulement à la fin de la guerre froide : « Aujourd´hui, après quarante ans de guerre froide,alors que l’empire soviétique est en train de se désagréger, notre politique du « containments » n´aura seulement eu pour conséquence de mettre les deux plus grandes puissances economiques, la japonaise et la ouest-allemande, en concurrence directe avec l´economie américaine. Aujourd´hui, alors que tout le monde reconnait peu à peu qu´une économie prospère est le signe incontestable de la réussite politique !» Et pour les Russes et tous les autres peuples de l´Union Soviétique l´enorme fardeau de la course aux armements signifiait un manque à gagner inconsidérable en terme de qualité de vie.

Alors que je considèrais l’ouvrage Die Rattenlinie comme une tentative honnete d’aborder la question de la fuite des vieux nazis, j´ai trouvé la confirmation de ma thèse sur le véritable déroulement des faits dans un bouquin / pavé plutot approprié à la lecture du soir des mordus d´histoire. Sur fond rouge foncé, unréticule blanc et en bas a gauche des empreintes digitales en noir ; dans la partie supérieure de la couverture, le titre : Les services secrets dans l´Histoire, de l´Antiquité à nos jours. Il y a , c’est sûr, beaucoup de choses intéressantes à savoir là-dedans, cela aurait été saugrenu que l´on n’y trouve rien sur le BND.

Ainsi on y raconte ce que (de toutes facons) personne ne pourrait résumer aussi brièvement : « La guerre à l’est se développait plutôt mal. C’est pourquoi Gehlen, promu au grade de Général, se prépara, comme une grande partie de l’élite allemande, à l’imminente chute du pouvoir hitlérien / d’Hitler. Cependant il le fit plus méticuleusemant que la plupart. [Ainsi et pas autrement – la qualité à l´allemande.] Il confia à des collaborateurs triés sur le volet la tâche de remplir et transporter dans le sud de l´Allemagne cinquante caisses étanches de documentation des services secrets. Que Gelhen et tous ces Allemands confus et ennivrés par la guerre, aient pu espérer que les anglo-americains les soutiennent pour continuer la guerre contre l`USSR n´est pas à exclure. Des preuves, s´il y en a eu, auraient été détruites plus tard par Gelhen. (Meme en tant que président du BND il mit tous les leviers en mouvement qui permettaient de contrecarrer l´étude historique de son rôle sur le front Est.) »

Que Gehlen ait rêvé de la poursuite de la guerre à l’est avec soutien anglo-saxon ne peut qu’être exclu, si l’on sait qu’il a fait son entrée dans le métier, remarqué vers 1936 par Franz Halder qui était alors en train de fomenter un nouveau complot contre Hitler.

Le rôle-clé qu’a joué Gehlen dans la tentative de coup d’Etat de 1944 ne fut pas mentionné dans les années d’après-guerre. Cela aurait pourtant été l’élément précis à partir duquel on aurait pu, en Allemagne comme à l’étranger, se forger une toute autre image des intentions de la nouvelle chancellerie. En marge de tous ça, Erich Schmidt-Eenboom remarquait discrètement : « comment Gehlen parvint à être considéré par l’une des journalistes pionnières de la nouvelle politique éclairée vis-à-vis de l’est, cela reste son secret. A la question pourquoi Gräfin Dönhoff était inconditionnellement élogieuse à son égard, une réponse plausible serait à trouver dans le rapport semblable qu’ils entretenaient tous les deux vis-à-vis de la résistance armée contre le III Reich, rapports qui seront déterminants pour leur vie à venir. » Cela était effectivement une réponse plausible.

Alors que mon travail sur ce livre touchait à sa fin – bien que l’on puisse se demander s’il peut trouver une fin -, on m’offrit CIA, toute l’histoire. Tim Winer, journaliste au New York Time, avait écrit ce livre au terme de vingt années de recherche, comme cela est indiqué sur la quatrième de couverture.

La préface à l’édition allemande indique clairement comment les Américains ont gobé les « informations » que Gehlen leur proposait : « A l’été 1945, dans les ruines de Berlin fleurissait une romance contre-nature – services secrets américains et allemands se faisaient les yeux doux. Pour des hommes comme John R. Boker Jr, dont l’arbre généalogique compte des ancêtres allemands, la justification est éminemment claire. « A l’époque, c’était le moment idéal pour glâner des informations sur l’Union Soviétique – si jamais nous voulions en obtenir » dit-il. Le capitaine Boker fut le premier Américain qui recruta le général Reinhard Gehlen, chef du détachement de l’état-major d’Hitler à l’est contre l’armée ennemie, qui intervenait sur le front est contre l’armée rouge. La nouvelle relation obéit à une idée qui est aussi vieille que la guerre elle-même : l’ennemi de mon ennemi est mon ami [Ah oui?]. Gehlen rêvait de travailler pour les Américains. « Dès le début, dit-il plus tard, j’ai été guidé par les convictions suivantes : la décisive épreuve de fore entre l’est et l’ouest était inévitable. Chaque Allemand a le devoir d’apporter sa pierre à l’accomplissement de la mission qui incombre à l’Allemagne pour la défense commune de de la civilisation chrétienne occidentale. » »

Cette idée apparaissait logique aux Américains, car elle correspondait à l’image qu’ils se faisaient du nazisme comme d’un anti-bolchévisme. Si Gehlen l’avait pourtant sérieusement pensé, alors il n’aurait pas empêcher la victoire finale d’Hitler sur les Bolchéviques grâce à des rapports d’espionnage falsifiés. Et de toute évidence il n’en a pas informé « ses amis » d’Amérique. ( . . . )